Le concept, outil de connaissance, voie d’accès à la représentation et à l’abstraction, est lui-même objet de connaissance. Son étude requiert une position en surplomb.

Le concept (conceptus) est « ce qui contient entièrement ». Constitue-t-il plus que la somme de ses parties ? Quel statut d’existence revêt-il lui-même ? L’intelligible est-il déjà séparé des objets qu’il informe (Platon), ou bien n’en est-il séparé qu’abstraitement, par un travail de l’intellect (Aristote) ? À ce sujet, la querelle des Universaux, riche et pérenne, conserve sa pleine pertinence encore aujourd’hui.

Le concept désigne, signifie, symbolise… quelle est sa fonction propre ? Est-il plus approprié de dire que le concept est une fonction, de par son caractère incomplet, insaturé, indéterminé (Frege, Fonction et concept) ? Pour Strawson, tel le sujet qui identifie un terme particulier, le prédicat identifie un terme universel, il représente un concept. Une telle comparaison est-elle adéquate ?

Comment penser les conditions de possibilité d’un concept, d’un savoir — plus largement — et des contenus particuliers qu’ils intègrent ? Fort à propos, le concept foucaldien d’épistémè naît en 1966 avec la tentative de rendre compte de ce qui produit les savoirs d’une époque (Foucault, Les mots et les choses). Ces conditions de possibilité des concepts concernent également l’esprit. Ainsi, pour Hegel, l’activité de concevoir est rendu possible par le Je : « le concevoir d’un objet ne consiste en fait en rien d’autre que dans le fait que le Je se le rend propre, le pénètre, et l’amène à sa forme propre, c’est-à-dire à l’universalité qui est immédiatement déterminité, ou à la déterminité qui est immédiatement universalité. » Pour Kant, certains concepts prennent leur source même dans l’entendement (Kant, Dissertation de 1770).

De plus, comment penser, parallèlement, les conditions d’interprétation de concepts donnés ? C’est l’une des questions que souleva l’épistémologie néopositiviste quand elle voulut opérer une distinction hermétique entre concepts empiriques et théoriques. Le moment interprétatif et réflexif, de manière plus générale, apparaît crucial à l’élaboration de concepts fidèles aux réalités qu’ils décrivent.

De même, se trouve-t-il parmi les différentes tentatives de conceptualisation, certaines impossibilités théoriques ? Kant explique l’irréductibilité de l’existence à la pensée conceptuelle. Canguilhem, quant à lui, suggère l’incompatibilité du concept et de la vie.

Date de tombée : 17 octobre 2016

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